Electronic Body Music : et Front 242 arriva…

Flashback début des années 80. La pop synthétique à tendance nouveau-romantique domine les charts (Visage, Spandau Ballet, Ultravox… pour les meilleurs !).
En prolongement et réaction de ceci, des nouveaux groupes surgissent.

Leur but ? Privilégier le rythme et le son au détriment de la mélodie. Reprenant l’héritage des expérimentaux Throbbing Gristle ou Einstürzende Neubauten, ils injectent des sons dansants et binaires, enrobés d’une imagerie virile, voire militaire. L’Electronic Body Music est née.

La Belgique, terrain idéal où l’innovation dance électronique a toujours fait ses preuves, fournira avec le Canada (Skinny Puppy et Front Line Assembly, prochain article), ses champions, Front 242.

Dès le départ, le groupe se projette dans une démarche d’innovation permanente, de construction sonore, d’artistes complets. Leur musique sombre sert un discours où l’homme est aliéné par la société et les machines.
Ils évoluent d’une démarche minimaliste (album Geography – 1983) à des chansons aux structures subtiles et aux mélodies prenantes.

La structure est particulièrement efficace sur scène : la présence physique de  Jean-Luc de Meyer et Richard 23 aux chants, Patrick Codenys à la programmation et claviers, et Daniel Bressanutti à la table de mixage et à la construction sonore globale. Le tout enrobé d’un lightshow futuriste, de beats et de basses irrésistibles, et d’une imagerie militaire ambigue.
« Official Warfare » en 1986 amène le groupe au sommet du mouvement. Leur puissance scénique laisse pantois un public de plus en plus nombreux.
La consécration arrive avec « Front by Front » (1988), qui contient notamment le fameux Headhunter clipé par Anton Corbijn.

httpv://www.youtube.com/watch?v=0VsO9-t2PVY&feature=fvst

Les ennuis arrivent alors… l’imagerie du groupe suscite interrogations et délires dans la presse. Sont-ils néo-nazis ? Les textes sont-ils des slogans ? Quelles sont ces tenues de combat sur scène ? Pourquoi des lunettes ?
L’excellent « Tyranny for you » (1991) enfonce le clou, et tout s’emballe en France. Des concerts sont annulés (Nice, pour éviter le trouble à l’ordre public !!), Front 242 doit préciser publiquement son idéologie.

Le double album suivant (« Off » et « Up Evil » – 1993) trouble les fans : des voix externes au groupe sont invitées, les sons sont plus saturés. Pourtant, l’ensemble est d’une homogénéité remarquable.
Le groupe est semble-t-il lassé. La voie vers un split temporaire est ouverte.
Pourtant Front 242 n’a jamais cessé d’être présent et d’influencer l’ensemble de la scène électronique.

Ils décident alors de réenregistrer avec des sons plus modernes leurs plus grands tubes. Le résultat est explosif : l’album « Re-boot live » (1998) présente la force scénique de Front 242, comme jamais. Encore aujourd’hui, ces versions de « Happiness » ou « Punish your Machine » mettent le feu à toutes les scènes de danse electro-dark.
« Pulse » qui suit, est partagé entre l’expérimental et la construction sonore, étrange voyage au pays de Blade Runner, hypnotisant et rythmé, qui nous laisse sur notre faim.

Le groupe refait des concerts régulièrement, cultivant sa rareté légendaire.
Jean-Luc de Meyer prête sa voix à de nombreux projets heureux (Covenant, Front Line Assembly, Glis, 32Crash, Punish Yourself).

Autres noms célèbres dans le plat pays : The Neon Judgement, A Split-second, Dive, The Klinik, Absolute Body Control, Vomito Negro, Insekt, Numb, a;Grumh.

La majorité de ces groupes ont enregistré sur les labels belges Play It Again Sam, KK REcords, AntlerSubway. On les voit encore lors des festivals (notamment Waregem), signe que leur musique reste toujours d’actualité.

Noisy Steph

httpv://www.youtube.com/watch?v=P-97wf0sUCA

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