Radio Banzai

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Désespoir de la déchéance : une expérience de la boîte de nuit

A défaut d’être fascinante, la boîte de nuit techno commerciale est le lieu où peut le mieux s’exprimer le fascisme spirituel, intellectuel, le conformisme sans commune mesure. David Cronenberg, le réalisateur, disait que la normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre. Je dirais plus l’incarnation de tout ce que le conformisme ambiant peut faire émerger et ainsi faire gerber quelques-uns dont moi.

La boîte de nuit techno commerciale ou comment obliger les gens à rester heureux aux sons des vibrations d’une boite à rythme qui enrégimente vos oreilles et du coup votre cerveau d’une manière telle qu’elle annihile toute raison, tout sens critique et peut transformer certains individus, l’alcool, la drogue et la profusion de salopes aidant, en bestiaux domptables à merci.

Le conformisme promu par les boîtes de nuit est le suivant : une musique tellement forte que les gens ne peuvent plus s’entendre parler, un déluge de seins siliconés et de lèvres refaites tel que votre idéal sur la sexualité en prend un coup si bien qu’à défaut de ne plus vouloir baiser, vous êtes tentés de devenir homosexuel. Le pire, c’est que ce cauchemar est approuvé par la plupart des fêtards et que la variable « individu » est rabaissé au rang de simple « consommateur ». Il ne faut pas généraliser mais dans certaines boîtes de nuit ou fêtes étudiantes, la « femme » a valeur de « produit », « d’objet de consommation jetable ». Ça devient tellement évident que ça ne choque personne.

On baise, on change, on baise, on change… le sexe est devenu dans ses endroits là un simple loisir pulsionnel. Ne parlez surtout pas d’amour, de sensibilité, de sentiments. Ce vocabulaire n’a surtout pas sa place dans ces lieux là. On consomme de la femme… pardonnez moi, de la salope plutôt, comme on ouvrirait une boîte de pâté. Parfois, on a véritablement l’impression de faire cela lorsqu’on ouvre la bouche d’une gourdasse pour lui attraper sa langue épaisse, véritable champ de mars dévasté antérieurement par dix ou douze autres langues qui sont passées sur la même surface.

Oui, je précise avant que des amalgames soient faits notamment de la part de féministes chevronnées. Pour moi, les salopes sont des individus qui ressemblent à des femmes mais qui par leur caractère, la façon de se mettre en valeur et le niveau d’intelligence moyen se distinguent aisément… par le bas. Ne pensez pas que je traite les femmes de salope puisque ce sont deux catégories différentes, du moins sur le plan du fond, sur le plan de la forme, c’est vrai qu’il y’a quelques ressemblances et cela malgré le maquillage.

La boîte de nuit techno commerciale, lieu fasciste ou obligation de bonheur comme objectif du contrat ? Déjà, lorsqu’on vous propose une soirée dans une de ses boîtes de nuit, vous ne pouvez que très difficilement refuser. Si vous refusez, c’est que vous êtes généralement un ringard,  un vieux dans votre tête. Cette tendance est accentuée lorsque vous dites que vous préférez rester entre amis, dégustant un bon gin, discutant de sujets intéressants, sur un fond de Miles Davis, Dire Straits ou Serge Gainsbourg. Vous n’êtes pas open, vous n’êtes pas hype, fun, cool, straight, funky, aware … tout ce lexique anglophone, tout l’arme lexicale est dégainée pour vous disqualifier et rabaisser immédiatement.

Parlons justement de lieux open, de lieux cool,  un paradis de djeuns où la proportion de flics (vigiles…) par rapport au nombre d’individus est très supérieure à celle que l’on peut voir dans un supermarché, dans la rue, bref quasiment n’importe où ailleurs, à part peut-être pour un match PSG-OM. La boîte de nuit ou ce lieu où la même playlist de cinquante chansons (peut-on encore appeler cela de la musique ?) nous assomme tantôt à moitié, tantôt totalement.

Alors que reste-t-il pour nous faire croire nous-même telle une schizophrénie passagère, qu’on est en train de se divertir ? L’alcool, qui est bien sûr indispensable, pour oublier que cette soirée est terrible d’ennui et du cul pour disperser nos sens. Pendant ce temps, on arrête de réfléchir. On est complètement hypnotisé. Le but d’une boîte de nuit est d’arrêter de nous faire rêver pour faire consommer.

Si les gens commençaient à s’émanciper et devenaient rêveurs, ils découvriraient à quels points les ¾ des boîtes de nuit techno sont terriblement ennuyantes et qu’en réalité, malgré ce qu’on veut nous faire croire, ce n’est pas plus ringard une ballade entre copains au bord d’un lac, une soirée jazzy dans un petit bar où on discute enfin, une soirée cinéma avec entractes pour aborder les sujets des films. Il est possible qu’aucun lieu concentrationnaire ait eu un impact tel sur la jeunesse depuis peut être le début de la seconde guerre mondiale.

Avant de commencer à parler, je voulais me mettre dans la peau d’un « teuffer », le prototype d’un ectoplasme qui peut être considéré comme un jacky-tuner, faux tuner qui connait très mal la musique et vrai jacky dans l’âme, qui s’égosille lorsqu’il entend la énième house dégueulasse à la mode et qui dédie sa soirée à baisser de la salope en chaleur. Alors bon, je n’ai pas tenté l’expérience jusqu’au bout en me ramenant un cageot de salopes au pieu car je ne suis pas non plus un kamikaze.

Je me suis juste abruti trois heures sur de la techno dégueulasse avant de rouler des pelles à une dizaine de salopes en chaleur dont certaines qui dépassaient aisément les quatre-vingts kilos, bien sûr ayant bu auparavant une douzaine de shots de vodka pour être bien sans non finir ivre mort pour pouvoir me rappeler de la soirée et vous écrire ce que j’ai vécu intérieurement.  Je voulais savoir qu’est ce qui pouvait rendre heureux ces gens là pour vouloir vivre leurs mêmes états de transe et d’abrutissement et leurs sensations.

Déjà, je vous garantis que face à une telle profusion d’évocation de sexe dans un endroit aussi concentrationnaire, on n’a pas envie de rouler des pelles. Mais quand on se met faussement à danser, on attire du gibier et de suite, j’ai des premières demandes.  C’est parfois les hommes qui inversent le processus de l’offre et de la demande. Mais sans émotion aucune, je n’ai pas envie d’aller vers elle. Tant pis, je me force.

Peut-être que rouler une pelle à des salopes telles qu’elles, ce n’est peut-être pas si mal, on peut surement ressentir un effet exquis au bout de la langue et des sensations qui nous font oublier quelque temps que c’est une salope. En réalité, non, il n’y a rien qui se passe. C’est juste deux vulgaires morceaux de chairs qui s’entrecroisent comme dans un atelier de boucherie. Je ne suis peut être pas tombé sur la bonne personne.

Comme se fait-il que les autres éprouvent du plaisir à faire cela alors que moi, je n’en éprouve aucun ? Je teste sur d’autres salopes, même effet. La dernière essaie de me sortir deux ou trois mots coquins en anglais. Je n’entends que dalle. En plus, tu es dégueulasse. Vas te rhabiller et achète toi une dignité si tu es incapable d’en acquérir une par toi-même. L’expérience que je m’étais infligé était trop éprouvante. J’en conclus une chose : je ne suis pas assez bestial pour apprécier ce genre de choses. La lobotomie des sens ne s’est pas encore abbatu sur moi. Tant pis, je ne connaitrais pas ce plaisir. Je sors de la pièce et tente d’autres pièces.

La soirée est finie pour moi. Sur le chemin, je rencontre deux portugais devant un vieux jukebox. Il n’y a personne autour, juste le silence. Je reste avec eux et décris le calvaire que j’ai vécu. Il se marre mais pense de même en me disant qu’ils ont tenté aussi ce genre d’expériences. Rassuré, je ne suis pas seul sur ce monde à ne pas être encore totalement broyé. On introduit des pièces dans le juke-box et ça y est, je revis. La soirée se finit sur des hymnes rock. Je me réveille. Ce que j’ai vécu ne ressemble plus qu’à un lointain cauchemar et je m’amuse enfin sans hypocrisie.

Cette expérience aura au moins le mérite de faire de l’analyse sociologique et psychologique en temps réel dans une boite, en essayant d’étudier le ressentiment de cette génération de teuffers abrutis aux stimulations que je ne comprendrais peut-être jamais et que j’ai essayé de comprendre le temps d’une soirée. Jamais je ne serai de leur espèce. Et au moins, ces teuffers ne viendront pas se grouper en masse à nos soirées. Qu’ils restent dans leur lieu confiné à continuer d’écouter leurs merdes et à baiser leurs salopes !

Joe BARBEUK

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Clin d’oeil

Petit clin d’oeil pour ce mini blog qui publie quelques clichés sur Paris et ses environs et qui agrémente de quelques références culturelles non moins intéressantes. Pour le plaisir des yeux et des oreilles. Le blog s’appelle Tohu-Bohu. http://tohuvebohu.tumblr.com/

Vous pourrez retrouver ce lien dans la colonne de droite dans la catégorie « Blogs des (ex)-Intiens »

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Le spectacle de la manipulation vu à travers le cinéma d’anticipation – La mixtape infernale – Volume 1

Déjà, quand on tente un parallèle entre cinéma, anticipation et spectacle, on ne peut s’empêcher d’évoquer la dualité complémentaire entre fiction et réalité. Cette relation a longtemps intrigué beaucoup de réalisateurs.

A commencer par un David Cronenberg, développant dès ses premiers films le thème de la manipulation des corps et des esprits, non seulement avec les personnages principaux mais aussi jouant avec le spectateur, comme si celui-ci n’était que le couillon d’un piège que le pouvoir de l’image lui avait tendu et cela malgré son gré. D’où cette grande fascination pour un Vidéodrome chaque fois qu’on le revoit. L’image corrompt la sensibilité qui ne peut plus s’exprimer que dès lors que c’est l’image qui lui demande.

Le héros dans Vidéodrome est complètement commandé par un programme visuel si bien qu’il n’arrive plus à revenir dans la réalité. Ce n’est plus la réalité qui le façonne mais le programme. Il est aliéné. Ce que le héros croit être la réalité n’est le fait d’une propre fiction que celui-ci vit si intensément qu’il ne fait plus le distinguo entre la fiction et la réalité. La fiction du programme est devenue la réalité imaginée du protagoniste.

Le personnage n’a pas été choisi par hasard : c’est un producteur de télévision fasciné par la violence, qui à force d’ingérer des programmes violents dans l’objectif simple de faire de l’audimat, a intégré la violence dans son cadre de vie.

Dès lors, tout est violence (relation avec sa copine, avec ses prétendus amis qui ne sont en réalité que des traitres…) si bien qu’à la fin, le héros finit à l’intérieur du programme. Il est le programme. Pour le comprendre, la métaphore de la casette qui s’introduit dans le ventre de James Wood est significative. Le programme et le corps ne sont plus qu’un, sont en symbiose absolue.

La logique du spectacle ne peut s’imprimer dans la tête du consommateur que si celui ci se donne une apparence faussement ludique et a déjà préparé le terrain psychologiquement avant telle une escalade sensorielle. Le spectateur lambda n’est jamais initialement prêt pour un spectacle vraiment abject, sans morale.

Pour le préparer, il faut lui faire franchir des étapes, doucement, progressivement. L’exemple du héros de Vidéodrome est ce qui peut se faire de plus clair. Le héros a déjà intériorisé tous les stigmates qui feront de lui ce qu’il est à la fin du film.

La fiction montrée comme une réalité filmée comme un spectacle de cirque. Voici ce que propose des sociétés comme Endemol et des émissions comme Koh-Lanta, Fear Factor… qu’on peut résumer de la manière suivante même si cette définition peut paraître un peu réduite : le candidat doit accepter toutes les humiliations prescrites dans le contrat que celui-ci a signé dans le but ultime d’espérer gagner un gros pactole et de faire carrière dans le show-biz, c’est-à-dire continuer dans le spectacle le plus affligeant.

Pourquoi ces émissions sont des cartons d’audience ? Une condition principale de réussite que tous les propagandistes même de bac à sable divulgueront : le candidat doit avoir un fort potentiel d’identification. Il doit cristalliser l’attention de la plus large partie de l’audimat. Le spectateur dès qu’il s’identifie au candidat se croit être le candidat.

Dès lors, il veut tout savoir sur lui pour l’intégrer au maximum : son âge, sa passion pour le fist-fucking, ses ambitions, le surnom de son chimpanzé… enfin presque tout. C’est l’attitude grand-mère façon Qui veut gagner des millions ? « Il me plait bien lui. J’aimerai bien qu’il gagne lui »  multipliée par cent  car dans ces jeux de télé-réalité, on rajoute de la violence physique (jeux des candidats),  morale (insultes de bas étage le tout rythmé avec de la musique adéquate) et visuelle (l’émission est montée comme un clip de rn’b pour ado décérébré).

Le problème bien souvent de ces jeux, c’est qu’ils alimentent de nouveaux besoins de violence chez le spectateur. La violence génère la violence. Dès lors, à chaque émission, c’est la fuite en avant vers plus d’immoralité sacralisée : d’abord Loft Story puis Koh-Lanta puis Fear Factor

Parlant de télé-réalité, je voudrais rendre hommage à un film visionnaire pour son époque et rare dans le paysage audiovisuel français, Le prix du danger de Yves Boisset avec Gérard Lanvin et Michel Piccoli. Le titre résume bien le concept de l’émission, cette émission dans laquelle un candidat risque sa vie pour gagner un million de dollar.

Le candidat doit atteindre un lieu précis en un temps limité sans se faire descendre par une horde de 5 personnes qui ont été aussi castées en fonction de leur origine sociale, QI, charisme, beauté physique, caractère. Le candidat interprété par Gérard Lanvin va vite s’apercevoir que le jeu est truqué et qu’en réalité, son sort est déjà joué d’avance.

Pour faire digérer le contenu ingrat de cette émission, une tarlouze aux accents shakespeariens, habillée comme l’ange Gabriel et interprétée par un Michel Piccoli surprenant qui n’hésite pas à donner dans le grand écart pour masquer l’imposture incarnée par cette émission. Un Michel Piccoli qui rappelle étrangement certains animateurs d’émissions de divertissements actuels, véritables déchets de notre civilisation. Aussi mesquin soit-il, toujours en train de s’inventer une posture de VRP auxquelles seules certaines ménagères de cinquante ans peuvent encore trouver du charme.

Le vide mis en abyme, surmultiplié tandis que le réel n’est déjà plus de ce monde. Tout est du spectacle, du sensoriel, du spectaculaire. L’effusion de spectacle est telle qu’on finit par y devenir indifférent comme hypnotisée. Un peu comme le parfum. A force de le sentir, on finit par ne plus le sentir et au final à le confondre avec un autre.

Nos sens sont troublés. Ils ne sont plus capables de différencier le beau du dégoût si bien que tout finit par être inversé. Le plus stimulant, comme pourrait l’être une exécution primaire en direct à la télé, devient le pervers et le dégueulasse.

On atteint un stade d’inhibition tel qu’il faut un électrochoc pour exciter un tant soit peu nos sens. Et c’est le problème de toutes les émissions de télé-réalité ou de toute programme mettant en avant sans cesse le spectaculaire. A chaque nouveau produit, on monte d’un étage dans la perversité.

A chacune des émotions que le gourou-animateur veut faire susciter, le public réagit dans la foulée. L’exemple des applaudissements ou des rires en off. Le spectateur-consommateur aura tendance à suivre les réactions mises en scène même si celui-ci n’a pas particulièrement aimé ce qu’il a écouté ou vu auparavant.  C’est d’ailleurs ce que le sociologue Pierre Bourdieu (que je trouve loin d’être fameux pourtant) avait pointé du doigt lors d’une conférence après une intervention d’un membre du public : « N’applaudissez pas. Ce n’est pas un spectacle. C’est un sujet de réflexion. »

La représentation du spectacle est souvent très simpliste afin de faire adhérer le maximum de spectateurs-consommateurs à l’idéologie : deux camps, un gagnant, un perdant. Le consommateur est sommé d’intérioriser cette idéologie s’il veut intégrer une sorte de socialisation primaire du au partage avec les autres d’une expérience qu’est la vision d’une émission. Il  doit choisir obligatoirement un camp, soit droite, soit gauche… peu importe mais il doit faire cela pour être intégré.

Or, inhibés par l’émotion, peu de spectateurs auraient assez de recul pour interpréter l’émission comme étant une fabrication de deux camps montés les uns contre les autres pour créer un spectacle pour qu’au final, le gagnant soit le producteur de l’émission qui tel un concepteur, décide du gagnant et du perdant.

Dans le film d’Yves Boisset, ceci est très bien explicité puisque le candidat est en réalité programmé pour être exécuté cinq minutes avant la fin de l’émission.  Et Yves Boisset trompe le spectateur (pas ceux qui sont dans le film mais nous)  puisqu’il le force à prendre position pour Gérard Lanvin, le héros alors qu’en réalité, c’est simplement un bouffon (peut être attachant et qui a des moments de fulgurance mais bouffon quand même) qui veut sortir de sa condition d’homme ordinaire, bref un pauvre gars qui pense sauver sa vie en gagnant son million de dollars pour aller les claquer aux Seychelles avec sa femme.

Bref, il est comme les autres, comme ceux qui le pourchassent. Seulement, on préfère la mort de cinq personnes à la mort d’un seul. Piccoli est l’hypnotiseur. Il sait comment manipuler le public en fonction de la tournure qu’est en train de prendre le jeu. Tentative d’explication pour expliquer l’abrutissement de l’humanité par l’inhibition des sens, des sensations, le sensationnel prenant l’ascendant sur la fonction rationnelle de l’homme.

Je citerai d’autres films et œuvres dans ma prochaine mixtape…

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Le spectacle de la manipulation vu à travers le cinéma – La mixtape infernale – L’intro hors sujet

Un peu à la manière dont les DJs choisissent leurs musiques de façon improvisée ou pas pour mixer afin d’aboutir à un produit global qui s’appelle une mixtape, moi, de mon côté, je m’amuse à mixer les sujets qui m’intéressent en ce moment. L’époque en conviendra mais certaines choses qui se passent en ce bas monde autant que ma passion pour le cinéma de science-fiction m’ont conduit à choisir ce sujet : le spectacle de la manipulation à travers le cinéma d’anticipation.

Alors on part sur un trip expérimental vu que lorsque j’écris (et en particulier pour cet article), j’improvise totalement. Je n’ai pas de plan. Je ne m’impose comme sécurité qu’une rapide relecture. Je ne sais pas de quelle façon va se conclure l’article. Comme certaines discussions, ça peut déborder. Cela risque de déborder très souvent même. A l’origine, juste une impulsion, une goutte d’eau qui fait déborder le vase, un film, un fait divers de trop. Bref, étant moi-même le produit en partie d’une société de spectacle, je me laisse vagabonder à mes instincts sans bien souvent avoir le recul nécessaire pour juger de ma propre prose.

Je préfère me livrer entier pour éviter les amalgames. Je ne suis ni analyste, ni homme de lettres, ni académicien. Les trois quarts des cours à vrai dire m’emmerdent terriblement. Ils sont eux-mêmes complètement intégrés bien souvent au spectacle. Bien sûr, ils subsistent des exceptions. Dans mon cas bien précis, ce ne sont juste que des alibis pouvant justifier d’un diplôme qui n’est ni plus ni moins qu’une somme de crédits délivrés par des technocrates ayant souvent perdu tout contact avec le monde de l’enseignement et du travail.


A ce propos, comme le faisait remarquer très bien Michéa dans L’enseignement de l’ignorance, le cours n’est plus qu’une marchandise vendue sur le marché de l’enseignement ayant pour utilité marginale un surplus d’heures de cours lui permettant d’acquérir un papier qui ne représente en rien le véritable niveau du client étudiant si ce n’est juste symboliquement. J’ai un master donc je suis habilité à devenir un cadre d’entreprise. Quant à l’enregistrement administratif des connaissances, il consiste à se maintenir à la moyenne ou au-delà en faisant semblant de croire qu’en ayant validé le cours en question, on aura les connaissances requises qui étaient demandées à la base.

Désintérêt du cours, l’étudiant n’est plus qu’un agent rationnel dont le seul objectif est la validation et non la connaissance. Formatage des esprits, déliquescence de la connaissance remise au niveau de la sphère marchande. La connaissance est une marchandise. Elle n’a même plus le mérite d’être utilitaire si ce n’est pour l’intérêt de faire carrière. En s’attribuant un prestige par le mirage d’un document administratif qui est le diplôme, l’étudiant devient, et ce malgré lui bien souvent parce qu’il est obligé de jouer le jeu pour pouvoir bouffer par la suite, un escroc.

Ne généralisons pas non plus. Tous les cours ne rentrent pas dans la catégorie que je viens de citer au-dessus. Mais bon, cette tendance à la marchandisation des cours, c’est-à-dire une redéfinition de la connaissance non plus comme étant un prestige moral qui permet au citoyen de comprendre le monde qui l’entoure ou encore un intérêt réellement utilitaire pour sa vie professionnelle mais comme une simple marchandise qui permettra d’atteindre l’abstraction du diplôme, est bien réelle.

Et elle est inquiétante. Elle se traduit bien sûr dans la réalité  par la baisse générale du niveau de l’enseignement (ici, je parle pour la France car c’est l’exemple que je connais le mieux). Il s’en suit dans les cours de vider tout ce qui pourrait s’apparenter de près ou de loin à de la réflexion critique et de la connaissance pure pour nous servir une soupe plus indigeste chaque fois qu’on nous la ressert.


Un exemple tout simple avec la quasi-totalité des cours de marketing.  En effet, la plupart d’entre eux ne se penchent même pas sur le cas Edward Bernays, auteur de Propaganda et théoricien du marketing moderne ou pour être plus exact de la psychologie appliquée aux masses consuméristes. Ce neveu de Freud qui avait à son arrivée aux Etats-Unis déjà en tête le logiciel intellectuel de tonton Sigmund. Pour éviter toute approximation, prenons une définition basique de ce qu’est le marketing. Il s’agit d’une science qui consiste à concevoir l’offre d’un produit en fonction de l’analyse des attentes des consommateurs.

Maintenant, si comme le croit Bernays, l’opinion peut être manipulée si cette manipulation est intelligente, à quelle demande répond véritablement le marketing ? A la demande authentique des acheteurs ou à la demande des propagandistes qui eux-mêmes payent des agences de communication pour limiter toute démarche critique du consommateur ?


Toutes ces questions essentielles ne sont pas posées au centre de la table lors de ces cours-là. Et cela ne risque pas puisque beaucoup de ces étudiants sont destinés, et cela inconsciemment malgré eux et même ceux qui comprennent la mascarade, à devenir les « idiots utiles » de la mondialisation économique. Et dire cela n’est pas une insulte, c’est juste un constat qui malheureusement nous guette tous.

La notion même de « spectacle » est déterminante pour analyser la société dans laquelle on vit aujourd’hui. Tout d’abord, quelques chiffres déjà pour nous apercevoir dans quelle proportion l’instance même du spectacle est concentrée entre les mains de quelques groupes. Aux Etats-Unis, six grands groupes détiennent 90 % du marché américain du média. Sachant qu’une grande partie des images diffusées dans le monde sont américaines, vous pouvez deviner globalement quelle est l’influence de ces grands groupes sur l’opinion mondiale. Rajoutez à cela qu’au-dessus de ces grands groupes interagissent des grands groupes financiers qui possèdent de larges parts dans ces empires médiatiques, la boucle est vite bouclée.

La finance gère le spectacle pour divertir le consommateur spectateur dans l’intérêt de le détourner des véritables enjeux. Dans le sens où il a l’argent nécessaire pour s’accaparer les meilleurs propagandistes du monde, qu’ils ont les moyens de financer des études comportementales très poussées dans le but d’asseoir encore plus une certaine domination psychologique sur le monde, finalement qu’ils ont les moyens de s’accaparer toutes les sphères de la société pour les ranger dans le monde du spectacle (politiques, économistes, intellectuels, animateurs TV…).

Le danger serait de croire naïvement que cette problématique est résolue avec Internet. Or, la concentration des médias à l’intérieur la bulle Internet peut laisser présager certaines craintes quant aux utilisations futures de cette nouvelle puissance de frappe. Ces acteurs sont facilement identifiables.

Google détient 67,5% des parts de marché en ce qui concerne les moteurs de recherche ce qui laisse croire que Google peut directement contrôler s’il le souhaite 67,5 % des ressources disponibles sur Internet. Il l’a déjà fait bien sûr pour manipuler certaines opinions lors d’événements récents comme les conflits survenus lors du Printemps arabe. D’autres acteurs ont tendance à conforter de plus en plus leur position monopolistique dans d’autres secteurs d’activités qui leur sont propres : Facebook pour les réseaux sociaux, Microsoft pour les logiciels d’exploitation grand public.

Dès lors, conscient de notre condition de simple élément d’un chewing-gum appelé par les fameux « 1 % » masse inerte, on ne peut que se résigner à vivre cette réalité proposée comme un spectacle et à rire de ce spectacle. C’est finalement ce qu’il nous reste de mieux à faire. La vision pessimiste d’un homme n’est finalement plus belle que lorsqu’il prend par dérision même les choses les plus brutales que la réalité du spectacle lui propose.


Dès lors, après cette brève introduction, je propose d’élaborer un exposé qui va dans le sens de ce que j’ai dit un peu plus haut. C’est-à-dire proposer un article sur le spectacle mis en évidence par une des composantes même du spectacle qui est le cinéma. Et comme mon domaine de prédilection, mes premiers amours comme aurait dit Jean-Pierre Dionnet, c’est le cinéma d’anticipation, je vous propose une improvisation sur le spectacle de la manipulation vu au travers du cinéma d’anticipation.

Pourquoi je dis improvisation ? Car c’est la réalité. J’écris en même temps que les idées arrivent. Dès que je vous parlais de Google, je pensais exclusivement à Google, je n’avais aucune idée de ce que j’allais écrire après. Pour ainsi dire, les idées suivent tel un fil continu. Ne m’en voulez pas et ce malgré une relecture rapide s’il existe toujours certaines répétitions malvenus.

Comme je l’ai précisé plus haut, je suis juste un autodidacte un temps soi-peu incorrigible qui essaie de faire du mieux qu’il peut pour représenter au travers d’un assemblement de lettres tapées machinalement sur un clavier d’ordinateur ce qui émane de son cerveau fumant au sens figuré. Et pardonnez-moi si je blesse quelqu’un. Je ne blesse que l’espace d’un instant. La phrase d’après, j’ai déjà oublié ce que j’avais écrit une phrase auparavant.

Après cette digression, je vous donne rendez-vous pour mon prochain article. A bientôt pour mon développement sur le spectacle de la manipulation illustré par le cinéma d’anticipation.

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Riki-oh (The story of Ricky) de Ngai Kai Lam – Hong Kong 1991

On embraye après cette joyeuse critique de Ebola Syndrome sur de nouveau du gros nimportenawak déjanté, sur du métrage qui content d’être liberé des comités de censure peut se donner à fond dans le kitsch, le défonçage de bras sans interruption, les grabataires qui continuent à se battre malgrè leurs deux jambes manquantes et des yeux qui peuvent cracher du sang à une pression telle qu’un simple kärcher ne ferait pas le poids en face.

Et pourquoi j’aime ce genre de films ? Parce que ce sont des nanars qui s’assument complètement. D’entrée de jeu, la couleur est souvent annoncée. Ca va cogner sévère et pas qu’avec des gants. Les personnes sont d’un ridicule absolu, n’ont absolument aucune crédibilité, sont niaises comme ce n’est pas permis mais c’est ce qui fait leur charme. Quant aux méchants, ils sont parfois volontairement drôles et souvent involontairement. Les corps se font et se défont comme de la pâte à modeler. Les dialogues les trois-quart du temps ne servent strictement à rien si ce n’est qu’à dire aux spectateurs « attention, le fight va bientôt commencer » ou « attention spectateur, lui est très très méchant ».

Bref, de la bêtise emballée par sac de 5 kilos directement à mettre au fond du trou des toilettes… mais on est là avant tout pour se marrer en visionnant des trucs improbables et même si les hong-kongais ne sont peut être pas les champions dans ce domaine, (il y’a de sérieux concurrents avec notamment les turcs, les irakiens, les indiens…) ils mériteraient presque leur place sur le podium.

Quels sont les piliers du nanar assumé ? Ce sont souvent les mêmes qui reviennent : une histoire de cul qui s’est mal passé, une vengeance et bien sûr des fights avec beaucoup de membres cassé, des effets spéciaux ahurissants sortis d’une autre planète (eh oui, il faut bien combler le vide scénaristique par quelque chose de marrant et si possible sans faire de grosses dépenses !) et si possible une tête de turc tout de suite identifiable.

Faut-il pour autant blâmer le manque de talent du réalisateur ? Évidemment non ! J’ai même beaucoup de respect pour ces réalisateurs de l’ombre complètement fou qui par manque de budget et de temps sont obligés d’improviser nombre de séquences qui n’étaient pas prévus pour combler justement les faiblesses d’un script réduit de moitié, ces artisans qui de par leurs cerveaux d’autodidactes et de passionnés arrivent à pondre quelque chose qui ne ressemble à rien mais qui suscite un enthousiasme tel qu’on ne peut que prendre ces œuvres à bras le corps.

Et se les enfiler avec quelques packs de binouzes et se faire éclater la cervelle (symboliquement parlant !) par une oeuvre pensée par un mec qui a été transcendé par sa propre folie, une folie transformé en un spectacle macabre et dont le comique cache le manque flagrant de moyens. On est tout simplement dans la lignée du théâtre du grand guignol, lieu d’exutoire d’antan où les amateurs pouvaient contempler pour trois fois rien des divertissements axés sur le macabre et l’horreur, tout cela fabriqué avec du polystyrène, du faux sang, trois bouts de ficelle.

L’humour noir est peut-être ce qui se fait de mieux dans le genre comique car l’humour permet justement de se moquer de choses dont on n’ose pas parler sérieusement. L’humour détruit toutes les barrières et doit sans cesse se dresser en porte à faux face à la censure. Rire de choses autorisés, c’est beaucoup que de se moquer de choses interdites.

Faire exploser des phallus, transformer le corps en espèce de pâte à modeler comme pour nous rappeler qu’au final on est juste un tas de chair humaine qui peut être anéanti à tout moment… l’horreur burlesque permet cela.

Et justement, ça tombe bien puisque je crois qu’il y’a tout ça de réuni dans ce joyeux nanar de Riky Ho. Toujours la même, scénario hyper banal qui n’est juste bon que pour faire pleurer votre arrière-grand-mère et encore ! Dans un futur proche, les prisons ont été privatisés. Ricky est envoyé en prison pour avoir osé prendre sa revanche sur des gangsters ayant tué sa copine. Ricky possède une force surnaturelle (on ne sait pas vraiment d’où elle vient mais bon, ce n’est pas l’essentiel !) qui lui permet entre autres de transpercer la poitrine de ses adversaires juste avec son poing (ou son pied suivant ses préférences !). Ricky dans cette prison va découvrir l’injustice, des prisonniers traités comme des chiens et des matons qui gèrent une prison comme des renards gèrent un poulailler, par une violence insatiable. Ricky va peu à peu déjouer les pièges des malfaiteurs et devenir le héros de la prison !

Pas de quoi faire bondir un chameau ! Là où ça devient intéressant, c’est quand ça commence à devenir gore. Et là, en abusant de tous les gimmicks propres à chacun des personnages et du ridicule de chaque situation, le réalisateur se fait plaisir et nous offre des bastons ultragores toutes aussi énormes d’absurdité. Avant chaque baston, on se dit forcément « Non, il ne va pas oser ? » Et bien si ! Et même il le fait mieux que ce à quoi on avait pensé la seconde d’avant car on a tout simplement le spectacle devant nos yeux.

Abus des gimmicks mais aussi abus des stéréotypes : soumission extrême à l’autorité, le supérieur étant plus ridicule que le trou du fion qui ne fait que se prosterner devant lui, self-control du héros qui après trois tentatives de meurtre de la part de son adversaire essaie de se réconcilier avec lui, en vain, le mentor inexistant du héros (il apparaît dans trois scènes dans le film) qui est là pour dire au spectateur « Hé, tu as vu comment mon héros a acquis sa sagesse ? »

Quant aux séquences hors baston, ce sont des flash-backs très mièvres, cul-cul la praline qui ne ferait même pas bander… je ne sais plus qui citer ! Toujours la même chose, séquence d’entracte avant le nouveau fight qui s’avèrera aussi improbable voire plus que le précédent.

Que faut-il retenir de ce Riky-Ho ? Je vous rassure d’entrée. Ce n’est pas un film majeur dans l’histoire du cinéma mais il est tellement décomplexé, mal pensé mais bien bidouillé qu’il faut absolument le voir, juste pour assister à ce qui peut se faire en autres de plus étonnant niveau gore burlesque. Catégorie III, quand tu nous tiens !!!

David VALERY

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Ebola syndrome de Herman Yau – Hong Kong 1996

On continue dans le nanar décérébré et le film fun jouissif à souhait, le genre d’OVNI cinématographique à jamais gravé dans la moelle supérieure de votre cervelet, le type de film qui ferait palir n’importe quel jacky-tuner en mal de binouze achetée cinquante centimes à la supérette en face chez mémé et qui ferait bondir n’importe quel hypocrite arpentant les boulevards de Saint-Germain-des-Près la journée et la rue Saint-Denis la nuit.

Attention, je ne parle pas de n’importe quelle bouzasse inter-galactique… car défonçant à coup de pic dans le crane toutes les barrières mentales qui limitent notre esprit face à une certaine bassesse des plus malsaines, Ebola Syndrome s’impose à ce jour comme l’un des fleurons de la catégorie III hong-kongaise, de la sous-exploitation directement visionnable en DVD procurable dans des endroits pas trop fréquentables et où se mêlent séquences de partouzes déliquescentes, combats au hachoir la tête la première dans un trou… de WC de prison… ou au fin fond d’une cuisine d’où émanent des odeurs qui feraient fuir même les mouches et des dialogues torchés à quatre à trois grammes sur deux morceaux de papier cul. Et encore, je ne parle que de la partie présentable du gore hong-kongais car parfois, le délire est plus profond… et pas qu’au sens figuré.

Il faut se dire que les asiatiques ont un train d’avance concernant l’intensité de la violence dans leur film, à croire presque que certaines scènes d’un film comme Martyrs passeraient pour du pipi-de-chat, à croire aussi que si c’était un français qui réalisait un film de la sorte, il serait de suite taxé de belliciste, de masochiste, de machiste, de fasciste, de vichyste, de malade mental voir de néo-nazi…

Après cette rapide mise en bouche, venons-en au fait. Parodie de la déjà parodie (de notre société) cultissime The Untold story du même réalisateur, mettant en excergue une histoire du même acabit, Ebola Syndrome d’entrée ne brille pas pour son scénario. En quelques mots, Kai un gros psychopathe hong-kongais, adepte de tout ce qui se fait de plus kitsch et de plus aguicheur au niveau de la gente féminine, s’exile en Afrique du Sud ayant trois meurtres sur la conscience (En a-t-il au moins une ?). Dix ans passent, dix ans dans le même restaurant, un restaurant asiatique un peu glauque.

Le patron connait ses crimes mais ne dit rien, content d’avoir à sa disposition un employée un peu crade et pas trop courtois mais pour l’instant docile. Il est en de bons termes avec le patron si bien qu’ils vont acheter ensemble des denrées alimentaires. Un jour, les deux larrons s’exilent dans la savane pour acheter des cochons à une tribu pratiquant des rites pour le moins étrange. Sauf que Kai ne peut canaliser ses pulsions et pendant que son patron répare la voiture, en profite pour violer une femme agonisante et rongée par le virus ebola. La suite, si vous avez encore un peu de suite dans les idées, après avoir pris des claques amusantes et gores, vous la connaissez aussi bien que moi. L’inénarrable baiseur va propager le virus aussi vite que son temps de réflexion avant l’acte !

Entre scènes gores et excès en tout genre, les temps de transition passeraient presque pour du répit tellement ça gicle, gigote et balance les idées les plus tordues et sadiques les unes que les autres. Ça part tellement en sucette que ça en devient jouissif.

Et on n’est pas loin de l’orgasme sexuel (je ne parle pas juste de l’orgasme cinématographique) lorsqu’on a face à nous la gueule du « primate » fier de son choix et de ses actes et qui n’a strictement aucun remord, trempé d’un caractère tel qu’il est capable de passer d’une séquence de tuerie générale à une séquence de service dans un restaurant, le tout sans sourciller, et le tout plongé dans une atmosphère d’ironie mordante qui singe à la perfection certains rapports professionnels qui peuvent exister dans nos sociétés.

Herman Yau s’autorise toutes les déviances (cannibalisme, viol…) pour nous offrir un film qui risque de vous mettre peu en appétit mais qui comblera toutes vos pulsions les plus castratrices et destructrices. Après avoir vu ce film, il est possible que vous n’ayez plus envie de manger, d’être poursuivi par un patapouf hong-kongais dans la rue, ou même de baiser… à part que vous soyez aussi sadique que ce anti-héros. Mais heureusement pour vous, cela est peu probable. Dans le cas contraire, passez des casting à Hong-Kong, vous serez pris d’office !

Le scénario est simpliste et dès que les scènes gores se finissent, le film retombe dans une banalité digne d’une fausse intrigue de série Z qui n’amuserait que les geeks quarantenaires frustrés après avoir tripé sur trois films de Max Pécas… et encore ! Mais la performance absolument grandiose de Anthony Wang est là pour de suite nous montrer, qu’au delà d’être un film doté d’un budget digne d’une série Z bis, Ebola Syndrome est avant tout un bijou de bassesse, de perversité, de blasphème tellement poussé au bout de sa logique qu’il en devient jouissif… et ce qui en fait même 15 ans après un chef d’œuvre dans son genre encore rarement égalé.

David VALERY

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De l’Estonie et de la France

Sans me mettre dans la posture du con qui a tendance à dire que tout est mieux ailleurs, je serai tenté de dire que l’atmosphère de Tallinn est un brin plus rafraichissante que celle de Paris par exemple.

En effet, ici, les gens sont un minimum accueillants, propres. Même si le niveau de vie de l’Estonie est l’un des plus faibles de l’Union Européenne, très rares sont les gens qui quémandent. Ils répondent à toutes les questions qu’on pourrait leur poser en anglais et même si la mamie de quatre-vingts ballets a du mal à se faire comprendre avec son léger accent slave, elle parle un anglais bien plus correct que les trois-quarts de nos ministres français (cf JP Raffarin ou François Baroin…). Si, si, je vous le jure, cela existe ! Je l’ai entendu de mes propres oreilles.

Les estoniens, au premier abord, sont en général un peu introvertis si bien qu’ils peuvent devenir déroutants. Ainsi, on ne sait jamais quelle attitude adopter face à eux les premières fois. Mais très vite, ils lancent des signaux et si on y répond positivement, ils deviennent de plus en plus chaleureux. C’est comme un jeu !

Au fur à mesure, les regards se dénouent et les visages deviennent plus expressifs. Et assez vite finalement et très instinctivement, on se rend compte à quel point ce sont généralement des gens d’une modestie sincère et d’une gentillesse à toute épreuve. Froid en apparence mais chaud intérieurement… voilà une belle manière de résumer leurs caractères !

A Tallinn, l’arrogance de classe est moins prégnante que dans certaines villes en France. Peu de bling-bling. Les riches estoniens sont plutôt discrets. Quant à ceux que l’on remarque le plus, souvent dans une Mercédès et emmitouflés dans une fourrure taillée sur mesure, ce sont normalement des russes qui sont en voyage d’affaires ou en vacances à Tallinn. Et puis, il ne faut pas oublier que Saint-Pétersbourg, ville de l’oligarchie russe par excellence, n’ est qu’à cinq heures de Tallinn en ferry !


Comme l’Estonie est un petit pays et que la langue locale est très peu parlée dans le monde, les estoniens sont obligés de s’adapter. Il est assez rare qu’un estonien ne maitrise pas plusieurs langues. Pour les plus vieux d’entre eux, c’est plutôt le russe. Pour les plus jeunes, c’est l’anglais. Pour quelques uns, c’est trois ou quatre langues. Ainsi, vous seriez surpris de constater à quel point une caissière de supermarché estonienne parle mieux anglais qu’un dirigeant de PME français !

Enfin, il est très amusant de constater que la France, autoproclamée comme étant un des principaux exportateurs du produit manufacturé « démocratie » dans le monde (Le produit arrive à se vendre même jusqu’en Lybie… ), oblige ses bars à fermer à deux heures du matin alors qu’en Estonie, certains bars restent ouverts toute la nuit.

N’hésitez pas à me faire part de vos questions sur Tallinn (technew-prod@hotmail.fr) ! J’en ferai un mix et peut être bien un article. Certainement, le prochain article traitera de la vie nocturne et étayera mon propos sur le caractère des estoniens.

David VALERY

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Nouvelle vie

J’ai crée cette rubrique dans le but de faire profiter chacun désireux de partager des expériences, d’apprendre certaines choses sur un environnement qui nous est totalement inconnu, nous français, et aussi pour ceux qui me connaissent directement, d’avoir quelques nouvelles de la vie la-bas.

Vu le peu d’information qui circule sur ce petit pays qu’est l’Estonie et cette ville qu’est Tallinn, j’ai donc décidé en temps voulu de mettre en place une sorte de mini-journal web qui j’espère montrera enfin une partie de l’Estonie sous son grand jour…

Cela fait une journée que je suis arrivé à Tallinn et la première impression générale est très positive. Les premières véritables expériences, j’espère, confirmeront mes impressions.

Le camescope attend aujourd’hui sagement sur le bureau. Dès demain, il risque d’avoir du travail. D’autres projets risquent de mûrir entre temps.

Kohtumiseni !!!

David Valéry

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Publié dans Nio, Tallinn 2012 | Laisser un commentaire

Prochainement, sortie du film « The Scriptwriter »

Synopsis : Paul Whiteman est un célèbre et brillant dramaturge reconnu pour le côté mélodramatique de ses récits. Depuis quelques temps, Paul est suspecté de meurtre par André Riô, criminologue blasé et proche de la retraite. Sans preuve réelle, André va se lancer seul dans une enquête abracadabrantesque qui va l’amener où il ne l’aurait jamais penser.

Le réalisateur photographe, Alexander Geandey, tout juste âgé de dix-neuf ans, peaufine actuellement son quatrième  film intitulé The Scriptwriter, un court-métrage d’une vingtaine de minutes écrit, réalisé et produit en collaboration avec Isilecca productions.

The Scriptwriter raconte l’histoire dramatique et lugubre d’un auteur aux airs taciturnes et aux fantasmes désaxés qui reproduit ce qu’il écrit avec une pointe de sarcasme. Ce film est en outre truffé de références comme par exemple le style « Woody Allen » que l’on retrouve dans Match Point par toutes ses images stables en longue focale qui essaient de capter la moindre émotion. A la distribution, l’acteur principal Eric Malo interprète un inspecteur baroudeur proche de la retraite. Quant au second rôle, il est assuré par Eric Veiga incarnant Paul Whiteman.

Ce court-métrage n’est pas axé sur « l’horreur ou l’épouvante mais plus sur l’atmosphère dramatique par sa mise en scène, ses plans, sa musique et sa lumière technique. »
D’autres infos prochainement sur le wordpress Banzai.

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Il était une fois… Gheorghe Muresan (1/2)

Cet article n’est que le premier d’une longue liste intitulée Il était une fois. A Banzai, on ne s’interdit aucun plaisir et encore moins celui de la curiosité. Et comme on aime les personnages un peu à part,  sortis de nulle part et complètement déjantés, on a décidé d’y consacrer toute une rubrique. Une fois n’est pas coutume, on a choisi pour la première une personnalité du monde du sport.

Le sport, à en croire certains bien-pensants, n’est pas qu’un divertissement de masse complètement abrutissant. Un match de football vaut parfois beaucoup mieux pour l’esprit humain qu’une émission faussement branchée. Le sport, lorsque celui-ci est divinement bien pratiqué, peut être assimilé à une forme d’art. On peut faire tout un tas de choses infiniment passionnantes avec le sujet du sport : de la sociologie, de la psychologie, de la pédagogie… et puis, il n’y a rien de honteux à poser son cul sur son canapé, binouse à la main, l’autre main étant dans le calebard (j’exagère à peine pour certains). Juste ce qui m’énerve avec certains sportifs de salon, c’est qu’ils ne voient rien d’autre dans le sport que le résultat sportif de leur propre équipe. Merde les mecs, le sport, c’est autre chose que cela.

Ayez une mentalité SoFoot ! Petit clin d’œil à un magazine de ballon rond vachement bien foutu qui se propose d’analyser le sport le plus populaire du monde sous diverses thématiques (culture, société, histoire…), le tout rédigé de manière complètement décalé. Je vais essayer d’écrire un article dans cette veine là, montrer qu’on peut intéresser tout le monde avec du sport. Oui ! Parler de cartels colombiens, de peinture iroquoise, de maisons closes thai, du Vésuve et de saucisses belges dans un article ayant pour sujet principal un baron colombien de la drogue qui a investi dans un club belge de troisième division dans les années 80, c’est possible. Après, pour l’écrire, il faut en vouloir, c’est-à-dire mettre les formes, déployer des figures de style peu communes, ressortir deux, trois anecdotes pour le moins hilarante.

Mais je vous garantis. Le jeu en vaut la chandelle. Et quand un lecteur jette un œil sur l’article, il en reste scotché tellement qu’il en a marre de la soupe qu’on lui sert tous les jours. Fin de la parenthèse.

Alors venons-en à Gheorghe Muresan, mythique joueur de basket dans les années 90, non pas pour son talent (même s’il n’était pas si mauvais que cela malgrè son handicap), ni pour son charisme mais plutôt pour sa taille, son complexe et sa gentilhesse extrême.

Big Gheorghe naquît dans la province de Cluj en Roumanie en 1971. A l’époque, le pays est dirigé d’une main de fer par Nicolae Ceaucescu et la Roumanie est encore un pays communiste. Un pays très pauvre, peu développé, à mille lieux du standard de vie que l’on peut déjà avoir à l’époque aux Etats-Unis voire même en France. La famille de Gheorghe vit modestement. Le père est ouvrier et doit nourrir une flopée de 4 frères et 2 soeurs. Rien ne destine Gheorghe à devenir basketteur professionnel.

Cependant, celui-ci souffre d’une maladie qui commence à se voir dès l’âge de 6 ans : le gigantisme. La croissance du « petit » Gheorghe, à partir de cet âge, devient complètement anormale. A 10 ans, Muresan mesure déjà plus de 1m80. A 14 ans, il atteint la barre des 2m05.

La maladie en temps normal est guérissable par un spécialiste. Malheureusement pour lui, ses parents ne sont pas assez riche pour lui payer un traitement. Il grandit de plus en plus si bien qu’il devient complexé. Déjà pas aidé par son origine sociale, Gheorghe, par les difficultés qu’ils éprouvent à se faire une place avec ses compagnons qui le considèrent plus comme une attraction foraine que comme vraiment celui qu’il l’est s’enferme dans une sorte de timidité maladive, marque de fabrique qui l’aidera à garder les pieds sur Terre malgré sa carrière déroutante.

Mal dans sa peau, Gheorghe ne pratique pas de sport particulier. C’est alors qu’une rencontre à Cluj avec un dentiste scella son sort. Gheorghe ne connait rien au basket mais il va faire la connaissance d’un dentiste, arbitre de basket à ses heures perdues qui connait de loin l’entraineur de l’équipe nationale de basket. La taille de Gheorghe intrigue immédiatement le dentiste, ne croyant pas que celui-ci n’a encore que 14 ans, qui lui proposer de rester à Cluj pour suivre des entrainements intensifs de basket. Gheorghe, enthousiasme par le fait que quelqu’un daigne à s’intéresser positivement à lui, accepte sans broncher.

Pendant 2 ans, Gheorghe ne vivra que pour le basket, s’entrainant avec les équipes de jeune de Cluj. Frappé par sa résistance physique (le mec dans la raquette est un bulldozer), l’entraineur de la sélection nationale saisit l’opportunité et l’intègre à 16 ans dans son équipe. Il n’y a rien d’étonnant quand on voit le faible niveau de la Roumanie au basket, nation complètement coupé du reste du monde et donc de la fascination qu’exerce à cette époque le championnat de basket américain, la NBA, sur de nombreux jeunes dans les démocraties occidentales. Pas grave, l’heure de Gheorghe viendra !

Il faut savoir que même si ce pays était sous le joug soviétique et réservait comme dans beaucoup de ces pays là des conditions particulières aux sportifs devenus outils de propagande par excellence, les basketteurs s’entraînaient dans des conditions vraiment rudimentaires. Et encore rudimentaire est un faible mot.

Gheorghe avoue à Sports Illustrated « On n’avait pas de chauffage. Il n’y avait pas d’eau. Pas d’électricité. Chacun recevait la moitié d’un kilo de pain pour survivre. On avait un kilo de viande par semaine. Il y’avait parfois des légumes l’été mais pas l’hiver… »

Pas grave, Gheorghe connait la misère et ce n’est pas cela qui va lui empêcher d’entrevoir son arbre des possibles. L’essentiel pour lui est de continuer à jouer au basket. Il s’est pris de réelle affection pour ce sport où il pouvait enfin exprimer son talent et utiliser dans diverses situations la taille à son avantage. Le gabarit de Gheorghe est inédit. Les pivots adverses s’arrachent les yeux à chaque fois qu’il prend la balle dans la raquette. Il enchaine les performances extraterrestres.

Très vite, avant l’age de 18 ans, Muresan acquiert une réputation nationale. Dans ce pays où on n’intéresse que très peu au basket, Muresan se fait un nom. Mais Muresan vise beaucoup plus haut que les frontières de son pays. Il veut connaître autre chose. Il est curieux, plein de vie et a envie de voyager.

Cela tombe bien. Les pays du bloc soviétique dont la Roumanie s’ouvre peu à peu au monde occidental. Cette ouverture précipite la chute du régime de Nicolae et Elena Ceausescu. La révolution de décembre 1989 aura raison de la dictature. Elle sera particulièrement violente, plus de 1000 morts, 3000 bléssés, mais libératrice. Dans les couloirs des chambres à Cluj, on essaie de comprendre réellement ce qui se passe.

On ne saura pas vraiment : révolution populaire, coup d’État ? Toutes les rumeurs circulent sur beaucoup de sujets, certaines parlant sous l’étiquette de la vérité officielle, d’autres sous celle de la colère populaire.

Les championnats du monde Juniors de basket à Edmonton se profilent et la Roumanie participe à la compétition. Même si les américains dominent de la tête et des épaules le championnat et s’imposent logiquement en finale face à une Italie faiblarde, la Roumanie pointe le bout de son nez et Muresan fait des miracles.

Il est le deuxième meilleur score et meilleur rebondeur du tournoi, une performance d’autant plus remarquable que la Roumanie finit 5ème du tournoi devant l’Union Soviétique et juste derrière la Yougoslavie, ce grand pays de basket qui a vu naitre des joueurs exceptionnels comme Vlade Divac, Pedrag Danilovic ou plus récemment Pedrag Stojakovic.

Gheorghe, l’inconnu devenu en quelques matches l’attraction principale du tournoi est dans le viseur de certaines universités américaines qui vont le supplier d’intégrer leur campus. Mais Gheorghe pense d’abord aux siens et veut se faire un peu d’argent du moment qu’il est professionnel. Il veut profiter de suite de la vie, lui qui a trop vu la misère. Gheorghe reste à Cluj où il reste près de sa famille, se fait un peu d’argent et continue à apprivoiser son statut de basketteur professionnel.

L’année suivante, Cluj joue en coupe des coupes. L’occasion de briller sous les projecteurs européens se présente pour Muresan qui empile les performances dans le championnat. Cluj rencontre Pau-Orthez au deuxième tour et sur le papier, il n’y a pas photo. Pau-Orthez devrait faire qu’une seule bouchée du club roumain. Enfin, personne ne se doute que dans ce club mineur de Roumanie repose un phénomène. A l’époque, presque aucune information ne passe. Pau-Orthez n’a que très peu d’information sur ce club. La découverte de Muresan se limite à une photo d’identité grossière et juvénile publié dans le Maxi-basket. Bref, pas de quoi affoler Pau…

Mais dès la rentrée des joueurs sur le terrain et l’échange de fanion, c’est une autre histoire. 2m30, c’est plus impressionnant face à soi que sur une photo d’identité. Muresan et Cluj n’ont aucun complexe, rien à perdre. L’avantage psychologique est du côté de Cluj qui ne tarde dès les premiers instants du match à mettre en place une stratégie simple mais redoutable. L’équipe envoie la balle à Muresan qui décide du sort du ballon dans la raquette. Soit il arrive à perforer la défense et à mettre un panier, soit il ne peut pas à cause du surnombre et donne la balle à un joueur adroit qui n’est plus marqué. Pau perd de 6 points après avoir fini sur les chapeaux de roue le dernier quart temps. Mais l’homme du match ce soir est roumain. Muresan a marqué les esprits en inscrivant 39 points.

Une semaine plus tard, pour le match retour, Muresan déjoue les plans de l’Elan Béarnais et il arrêtera de sévir lorsqu’il commettra sa cinquième faute, synonyme d’expulsion à 4 minutes de la fin. Les supporters de Pau ont retenu leur souffle, Pierre Seillant, le dirigeant du club aussi. Trop content de goûter son soulagement, celui-ci traine dans les couloirs de l’hôtel et rencontre Gheorghe Muresan seul. Le président profita de l’occasion pour inciter le joueur à jouer sous les couleurs de Pau la saison prochaine.

Aussitôt dit, aussitôt fait… Muresan quitte pour de bon la Roumanie et s’envole pour la France, un monde radicalement différent de celui qu’il avait connu jusqu’alors. Muresan affiche à peine 21 ans, ne parle pas un mot de français, n’a jamais vécu à l’occidentale. Muresan doit tout apprendre, conduire par exemple. Rentrer dans l’habitacle de la voiture est pour lui un véritable casse-tête chinois. Muresan n’a jamais été un sportif professionnel de haut niveau et ça se voit sur le terrain. Son physique, en plus de sa lenteur, le discrédite. Il est incapable de tenir un match entier, de bien se déplacer sur un parquet. Le jeu va trop vite pour lui et il doit s’adapter aux stratégies élaborées par l’entraineur de l’époque, Michel Gomez.

Heureusement, Gheorghe est d’une humeur à toute épreuve. Toujours souriant et ne renâclant jamais au travail, il commence petit à petit à trouver ses marques. Tellement heureux de vivre en France et d’offrir à sa famille un standing de vie dont il avait rêvé quand il était gosse, ses difficultés immenses apparaissent à côté comme des futilités. Mais tout reste à faire. Gheorghe nourrit toujours un complexe à l’égard de son physique à un point tel qu’il ne sait plus comment il doit marcher. Les critiques fusent. Muresan est un enfant dans un monde de nains. Il doit affronter tout le monde : le regard des autres, les journalistes qui commencent à douter de son talent.

Michel Gomez, l’entraineur, a tout compris à propos de Gheorghe. C’est avant tout un problème mental qui le pertube, pas un problème physique. Il faut qu’il soit fier de sa taille et qu’il apprenne à marcher droit. Il faut qu’il apprenne à bouger, à être plus sur de ses gestes, bref, qu’il arrête de se poser des questions.

Une suite sera publiée dans un prochain article.

David Valéry

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